Les grandes descentes marathon des Alpes
jmp  |  22.07.2008

La méga 2008 a été une course en demi teinte. Nous avons été privés de glacier pour cause d'orage et en partant du parcours de la qualif pour aller jusqu'à Allemont, la course n'avait pas la même saveur que les années précédentes.

Ma qualif s'est bien déroulée, j'ai fait le meilleur temps des masters devant Dola et Bruni et avec une ligne B je suis gonflé à bloque pour la course. Hélas, le lendemain, il n'y aura pas de glacier et beaucoup de boue. Un choix peu judicieux de pneu et un manque d'expérience de ce type de conditions me ramène à la 3ème place des masters, comme l'an dernier, derrière mes 2 illustres concurrents qui ont fait parler leur expérience. En plus, je me prends 2 gamelles avec plaies et une entorse du pouce qui remet en cause la Mountain of Hell.

Pourtant les 19 et 20 juillet, je suis bien présent à la MOH avec mon orthèse sur le pouce.

Clémentz, Doucende et Golay, le podium 2007 est présent. Cette course est particulière. C'est la plus difficile de toutes les descentes marathon, la plus sélective, celle où il y a le plus de pente, celle où le glacier est le plus rapide, le pierrier le plus cassant et puis il y a la double black, dans la prairie où les freins souffrent plus que sur n'importe quelle autre descente. Le vainqueur ici est assurérent un excellent pilote, complet, physique...

Cette année, les Choucas bikers nous ont concocté un parcours encore plus radical. Fini le long chemin en faux plat descendant de la qualif. On repart des schistes avec de beaux murs free ride en dévers. Et pour la finale, ils ont ouvert une double black bis parallèle à l'existente où les traces sont à peine marquées pendant le repérage et où en plus de la pente le sol est complètement défoncé par des mottes de terre traiteresses. Pour finir, après la 3ème montée et avant la double black, ils ont ouvert un mur hallucinant. Au moins 30m de long avec une pente que je n'ai jamais vue ailleurs. L'échappatoire fait perdre de nombreuses secondes. Redhibitoire. Je mets 10 minutes à attendre de voir quelqu'un le passer. Personne ne s'y aventure. Je me décide. il y a un énorme rocher protégé par un matelas. Je lâche les freins car il n'y a rien d'autre à faire. je rebondis sur les cailoux qui m'envoient sur le rocher. Coup de guidon, ça passe. Le genou frotte à peine le matelas, la protection fait un 180°. Je viens de frôler la catastrophe. Les gars qui regardent sont sur le cul et je me dis que c'est un peu idiot de jouer une saison sur un passage. Le lendemain, je me représente, ça s'est encore creusé avec les quelques pilotes qui sont passés. Je décide de prendre la chicane parallèle car avec la fatigue en course ce sera vraiment trop risqué.

Les qualifs. Comme à la méga, je pars bien, très bien. Il y a 2 options au départ, je file à droite, Guillaume Braux à gauche. on se rejoint après un névé. Je touche les freins pour le laisser passer et Guillaume Serre s'engouffre dans l'espace. J'arrive 3 à l'entrée du mur dans les schistes. Je lâche les freins et conserve ma place. Dans le 2ème mur en dévers, G Braux prend le large. J'essaie de suivre mais je dois vraiment ralentir vu la pente et le dévers. Ils sont 3 à s'engouffrer tout droit, ils me passent mais se laissent emporter sur la rubalise et loupent la porte. Ils prendront une pénalité d'une minute. Je garde ma 6ème place jusque dans la double black où je déraille. Il n'y a pas trop besoin de relancer, mais à la fin il faut que je m'arrête pour remettre la chaine. 4 coureurs passent. Je les reprends dans le pélalage de la station et l'un des 4 me redouble dans le technique. 7 à l'arrivée mais 4ème temps de la poule en tenant compte des pénalités. Guillaume Braux le jeune habitué de la station qui progresse de façon fulgurante fait le meilleur temps de toutes les poules.

Dimanche, sur le glacier, il pleut et la visibilité est très limitée. Je suis placé derrière Jérome Clémentz et à droite de son frère sur la partie gauche du glacier, là où je voulais être. Je pars fort et roule bien sur le haut. ça va vite mais avec le manque de visibilité je préfère assurer, surtout que l'on sait que c'est de la soupe en bas. J'arrive dans le paquet dans la neige molle. Là, c'est un peu aléatoire entre ceux qui touchent des portions de neige dure, ceux qui sortent dans la caillasse sur le côté pour rouler et ceux qui s'enfoncent dans le mou comme moi. Rémi Durand avec qui j'ai fait toute la méga me passe. La fin du glacier est nulle, il faut courir en montée. Il n'y a pas beaucoup d'écarts, sauf Jérome clémentz qui se détache du paquet et sort de la neige largement devant. Vraiment impressionnant. J'entame le pierrier bien placé. Rémi Durand que j'ai repassé dans la neige molle prend une méga coupe et me repasse. Il a bien repéré et connaît le pierrier comme sa poche. Je suis dans sa roue. Il prend une nouvelle coupe et intercalle 3 riders entre nous. Je suis englué par le gars devant et je vois Rémi prendre une 3ème coupe. Je ne le verrai plus d'ici la fin du pierrier. L'an prochain, il faudra que je repère mieux! On arrive sur le chemin et ma condition physique fait la différence. Je double un paquet de mecs et reviens sur Rémi que je double avant la descente. Ma selle gravity ne se bloque pas en position basse. Elle remonte dans la descente. Il me passe. Je m'oblige à rouler assis pour que la selle reste en bas, ce qui n'est pas idéal vu la configuration du terrain. 2ème coup de cul et je reprend quelques mecs dont Rémi, décidément on ne se lâche pas. Ma selle déconne et je préfère m'arrêter après la 3ème montée pour la bricoler ; je revisse le câche et la bloque en position basse, il ne reste que le pédalage de la station. J'entame la nouvelle piste parallèle à la double black dans la roue de Rémi. Il pleut maintenant et les éclairs sont incessants. Il y a de la boue et je m'en mets une. Je ne reverrai plus Rémi. Moins à l'aise dans boue, je ne vois rien et je n'arrive pas à nettoyer mon masque. Je sais que je suis bien placé et comme les écarts son importants, je décide d'assurer. Dans le four cross, je me fais passer par Volpi sur le road gap que je contourne. Je le repasse dans le roulant, il me repasse dans le début de la descente de Vénosc. Je prends sa roue mais après le premier saut je guidonne dans la boue à la réception et je préfère lever le pied. Je me contente de me faire plaisir dans les virages relevés en maittrisant les dérapages dans la boue, sans prendre de risque. Je regarde derrière dès que je peux et il n'y a personne ce qui ne m'incite pas à attaquer. A l'arrivée, je suis 15ème !!! et largement 1er en masters. Ma meilleur place ici et de loin. J'avais terminé 28ème l'an dernier et j'étais déjà content alors une 15ème place sur cette course mythique et dans ces conditions dantesques c'est trop bon.

Vainqueur, Doucende confirme son excellente forme de cette saison en terminant devant Guillaume Braux avec qui il faudra vraiment compter à l'avenir. Jérome Clémentz crève alors qu'il était bien en tête sur un parcours qu'il affectionne particulièrement et le Suisse Florian Golay abandonne également. Le 3ème est Yoann Vachette, déjà 4ème l'an dernier.

Vivement l'an prochain pour une 10ème édition de cette DH marathon unique qui, je le répète, est tout simplement la plus belle et la plus dure du circuit.


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