ADIEU RICCO
noreply@blogspirit.com (Gilles Comte)  |  17.07.2008

L?ambiance sur le Tour ? De plomb. Pourtant, est-ce une carapace forgée au fil des années (10 ans déjà depuis l?affaire Festina) ou la (l?in)conscience du fond des choses, je ne parviens pas à me laisser envahir par la sinistrose ambiante.

Chaque coureur qui tombe ? pour dopage ? est pour moi un signe de plus d?un cyclisme qui se relève, un pas de plus sur le terrain de la crédibilité. A condition bien sûr de circonscrire cette logique aux éléments objectifs dont nous disposons actuellement. Quels sont-ils ? L?Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a récemment fait savoir que dix cas présentaient certaines anomalies et invitait les coureurs concernés à se rapprocher de leur médecin d?équipe. Dix cas, c?est donc grosso modo le champ possible des tricheurs, sur un peloton initial de 180 coureurs au départ de Brest. Dix cas. On peut en rajouter, allez, quatre ou cinq et en retrancher autant, car parmi ces cas "litigieux", la moitié serait en règle avec le Passeport biologique qui permet de mesurer dans le temps certaines variations biologiques et déterminer si elles sont normales.

Dans le cyclisme très compliqué qui est le nôtre actuellement, cette mise en perspective, ce travail de comparaison, ne sont pas réalisables puisque le Passeport biologique entre dans le cadre d?une réglementation UCI à laquelle le Tour de France ne souscrit plus. En revanche, les prélévements effectués par l?AFLD au départ du Tour sur l?ensemble des participants ont permis de cibler quelques coureurs, dont certainement Manuel Beltran, Moises Duenas et Riccardo Ricco, les trois "imbéciles" qui se sont fait choper. Je m?attends donc encore à quelques cas supplémentaires, pour faire le compte. Et chaque fois, je prendrai cela comme une excellente nouvelle, avec toutefois cette nuance à propos du grand public qui est en droit de se poser des questions. Oui, chaque tricheur qui tombe représente une bonne nouvelle, mais avec quels effets pour ceux qui n?entretiennent pas une relation étroite avec le cyclisme, soit une grande majorité des gens qui regardent le Tour de France ? Il faut prendre le risque de les perdre pour mieux les retrouver, quand la situation sera conforme à ce qu?on en attend, nous, les passionnés.

 

Maintenant, une question : que faut-il faire des tricheurs ? Appliquer la règle des deux années de suspension ou les radier à vie ? Après dix ans d?avertissements, dix ans à répéter que le cyclisme n?avait pas d?autre issue que de faire sa révolution, dix ans à rappeler que notre sport était en sursis si chacun ne s?appliquait pas à changer son comportement, je suis, fondamentalement, pour une radiation à vie. Je ne l?étais pas après 1998, quand on pouvait considérer que les coureurs étaient victimes d?un système. Mais aujourd?hui, ils ont le choix de "leur" cyclisme, un choix qui n?a rien de draconien puisqu?une grande majorité d?entre eux s?est rangée derrière celui d?un sport propre. Ca me fait mal de me priver de la magie d?un Ricco en montagne, mais je préfère ne plus jamais le revoir plutôt que de le regarder avec des doutes en tête. Ces doutes qui tuent le vélo à petits feux.


Voir la source
Recommander (14) | Pages vues: 69

  Commenter

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire.
SVP, connectez vous ou enregistrez vous.

 
L'actualité vélo présentée par ceux qui aiment rouler à vélo. Adeptes du cyclo-camping, des voyages à vélo, du trekking à vélo, du VTT ou Montainbike, du Freeride, du Downhill, de l'Enduro, de la descente, du vélo de route, du vélo au quotidien, du vélo au boulot, du vélo à l'école, du BMX, du Dirt, tous aiment écrire sur le vélo pour partager leurs expériences et leur passion. Ils écrivent sur leurs voyages, leurs sorties quotidiennes, l'actualité, les nouveautés vélo, leurs découverts, les vidéos originales qu'ils trouvent sur le web, leur matériel, leurs bonnes adresses, leurs solutions pour l'entretien et la réparation, etc...